Le Coffret

(Un mien texte… très inégal, sans grand intérêt. Je n’avais d’inspiration que pour le dernier paragraphe et le reste a été composé exprès pour l’accompagner. Le style est un peu bizarre et les effets pas très réussis commençaient bien mais ont tournés de façon inattendue. J’aime bien ce petit texte pourtant. Et c’est surtout parce que j’ai envie de poster même sans avoir quelque chose de capital à apprendre au reste de l’internet mondial.)

Le rayon de soleil frôle le coffret. C’est un coffret de cuir vert où sont fixées des attaches en cuivre qui ont l’air dorées.Le rayon de soleil effleure le coffret. Le compartiment de gauche renferme les bijoux répudiés, qui ont cessés de plaire ou que d’autres ont remplacés. Le cœur de métal froid à peine doré, offert par son amoureux de primaire, le bracelet de cuir marron tressé, gravé de son prénom, d’un éphèmère beau-père, la brillante parure argentée de son éternelle belle-mère, le collier chéri au fermoir brisé, tous ont trouvés là un repos.

Le rayon de soleil touche le coffret. Les ornements qui plaisent mais que l’on ne trouve que rarement l’occasion de mettre sont placés dans le compartiment droit, trop beaux, précieux, aimés ou respectés pour être mis sans raison très spéciale. Là se trouvent la parure offerte par son père à sa mère

Le rayon de soleil frappe le coffret de plein fouet. Dans le premier tiroir se trouvent pêle-mêle tous les petits objets précieux. La petite clé d’or symbolique, d’origine inconnue, y a sa place, ornée de ses deux cygnes accouplés. Accrochée par un ruban de soie rouge au cou de l’une de ses arrière-grand-mères, peut-être ? Le petit clown de porcelaine et de velours, aux yeux de diamant, y repose aussi, objet précieux mais inutile.

Le rayon de soleil absorbe le coffret. Dans le second tiroir, rangés, alignés, se trouvent ses pendentifs, sa médaille de baptême, la croix d’or de sa mère communiante, le gri-gri vaudou.

Le rayon de soleil englobe le coffret. Dans le dernier tiroir se trouve une bague. Grosse et solitaire, c’est une chevalière qui a cessé de plaire. La jeune femme l’a souvent vue autrefois à la main de sa mère, gravée d’un « I » d’encre noir, seul et inutile. Le « I » de sa mère attendant, célibataire, que soit gravé à ses côtés la lettre de son père. Aucune lettre ne vint jamais marquer le métal brillant et sa mère cessa de la porter, inutile et douloureuse. C’est elle ensuite, la jeune femme, encore adolescente, qui la reprit, portant à son annulaire trop fin la bague à la lettre unique. Cela ne plut pas. Pour faire plaisir, en présent de Noël, sa mère la fit re graver, d’un « CL » magistralement calligraphié. La jeune femme sourit et remercia, enchantée, puis, seule, examina la bague. Le joaillier avait noyé d’un métal trop jaune la solitude de sa mère. L’encre trop fraîche avait effacée son célibat, son amertume, sa honte d’être mère-sans-mari, d’avoir une fille-sans-père. La jeune femme soupira, ouvrit son coffret et la rangea, désinteressée de ce bijou qui n’était plus le sien.

Publié dans: on 10 juin 2007 at 10:53 Laisser un commentaire